Moi, ce reflet de mon patron.

« Deux jours-là le patron à un style du genre pantalon jean avec chemise blanche puis un gilet dessus je t’assure tous les gars ont commencé à copier ça. »

« Je dis…aux réunions, c’est gâté si le gars croise les bras tout le monde croise ses bras ; s’il s’arrête d’une façon, automatiquement ils vont faire aussi… »

On a déjà rencontré cette personne, proche ou pas, qui se plaît à nous raconter, souvent, le niveau auquel ces collaborateurs sont prêts à arriver lorsqu’il s’agit de copier le patron. Ou peut-être, est-on cette personne. Bonjour le mimétisme.

Mais, qu’est-ce que le mimétisme comportemental ?

Le mimétisme comportemental traduit l’action d’imiter son environnement consciemment ou inconsciemment. Dans notre contexte professionnel il se matérialise par l’adoption des codes verbaux ou non-verbaux d’un proche collaborateur, dans notre cas le patron. Concrètement on sera conduit à parler comme le patron, tel un cinéphile qui pour témoigner combien de fois il a aimé ce film se délectera des phrases cultes du film. Ou encore le fait de mimer les gestes ou les attitudes du patron, tel son style vestimentaire…
Nous devenons ainsi des reflets de nos boss.

Quel intérêt y a-t-il donc à mimer son supérieur ?
Entre impressionner le patron, être impressionné par lui, se distinguer des autres, avoir une promotion dans son emploi, faciliter la négociation avec son boss ou faciliter son intégration en entreprise on peut affirmer que les intérêts sont hétéroclites.

Dans bien des cas en entreprise, force est de constater que derrière le mimétisme se cache cette volonté inconsciente de singer le patron en bien comme en mal. Conséquence il arrive de rencontrer un N+1 dont les humeurs ont pour baromètre celles du patron. Si le boss est content tout le monde est content et quand il est fâché je deviens le garant de la colère du Roi… Eh ouiiiiiii prenez garde à vous chers collaborateurs.

Cependant, l’employé qui accepte de mimer volontairement ou involontairement peut être animé de l’admiration qu’il nourrit pour son patron…

Mimer ce n’est pas anormal en soi, car cela justifie l’apprentissage et la communication de l’humain dans son environnement. Mais, mimer son patron au point de faire abstraction de sa personnalité s’est accepter d’effacer (consciemment ou inconsciemment) son individualité.
Cela témoigne d’une souffrance psychologique (le plus souvent inconnu par la personne qui mime) et d’un manque de confiance en soi. Le problème c’est lorsque nous ne sommes pas capables de distinguer les bons comportements des comportements cancérigènes. Ainsi, devient-on le reflet toxique du patron, d’où l’impossibilité à être entièrement soi-même.

Pour finir prêtons nous volontiers à un petit exercice. Imaginons… Il est 6h du matin, tu t’es réveillé(e) de bon pied et tu te prépares pour le boulot. Une fois devant ta glace – peut-être ça va faire froid dans le dos, mais bon poursuivons – plus tu t’observes, plus tu remarques petit à petit, que ton reflet s’efface, disparaît pour laisser place à celui de ton patron.
Maintenant, comment te sentirais-tu, si tu voyais ton patron dans ton miroir et non toi ?